« Une petite bonne femme »

Conter en prison, la belle aventure !
Maryse est venue rencontrer les détenues de la Maison d’arrêt de Nîmes. En cadeau, elle a apporté l’histoire de la Syro-phénicienne, histoire complexe qui nous met en présence d’un Jésus qui devient Seigneur.
Nous sommes une quinzaine, installées dans la bibliothèque et nous faisons cercle pour un temps de partage biblique avec des chants, des prières et cette voix qui s’élève et conte ce passage de l’évangile de Marc, chapitre 7, 24-30. Pourtant, l’assistance est distraite, sous tension. On chuchote. Une grande fouille de cellules et des détenues elles-mêmes a perturbé la journée, avec un réveil violent aux petites heures du jour. Les sanctions tomberont car des objets illicites ont été saisis, des téléphones essentiellement. Et cette contrariété empêche l’attention de se fixer.
Mais soudain, tout bascule : cette « petite bonne femme », comme disait Luther, préoccupée par la santé de sa fille, qui s’abaisse, qui se soumet, elle les touche, les rejoint par sa ténacité et son courage, par sa confiance. Elle a provoqué l’admiration de Jésus et ouvert sa mission sur l’universel, elle qui était étrangère, païenne, femme et vivait avec un esprit impur. « A cause de cette parole, va ».
La réponse vient toujours, pas forcément comme nous voudrions mais toujours pour notre bien, pour nous remettre debout et en marche ! Les détenues, dans la bibliothèque, se sont levées et sont reparties avec cette parole forte que chacune a du prix aux yeux de Dieu. Merci Maryse pour cette bénédiction.

Marie-Hélène Bonijoly
Aumônier à Nîmes

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