Histoire

 

À la rencontre de nos temples

Sous la plume de Jean Fleury, nous évoquerons successivement  les différents temples qui furent utilisés,ou élevés à Nîmes depuis l’implantation de la Réforme dans notre cité.

Petit Temple     Grand Temple   Oratoire

1.Une Église qui naît… sans temple ni pasteur !

Les idées nouvelles arrivent à Nîmes
Nîmes est touchée par l’humanisme et la Devotio moderna dès le XVème siècle. Le catholicisme médiéval traditionnel perd de son influence, d’autant que les évêques, non résidants, abandonnent leurs ouailles à un Vicaire général… Toutefois, les idées de la Réforme luthérienne pour un retour à une Église résolument évangélique n’y arrivent que vers 1530 et d’abord dans les milieux intellectuels.

  • L’oligarchie municipale : une quinzaine de familles de riches négociants contestent le pouvoir temporel de l’évêque et se mêlent même de sa gestion religieuse dès le début du XVIe siècle !
  • Le clergé : ainsi, le Prieur des Augustins tient le message du « pur évangile » de Lefèvre d’Étaples dans ses prédications de Carême de 1533. Désapprouvé par l’évêque, il est protégé par le Conseil de ville. Augustins, Dominicains et Franciscains se convertiront bientôt en masse.
  • Le Collège royal que François Ier établit en 1539 à la demande de sa sœur Marguerite, reine de Navarre, est résolument évangélique avec, pour régent, le célèbre humaniste Baduel.

Après les intellectuels, le peuple… mais on reste dans la clandestinité
Bientôt le petit peuple des artisans et ouvriers du textile suivra selon des modalités plus radicales, volontiers iconoclastes. Une communauté réformée clandestine se constitue sur le modèle strasbourgeois de Bucer, avec des diacres et une forte implication des Anciens désignés par les fidèles. On se réunit chez des particuliers dans les quartiers populaires (actuel quartier Gambetta). Une lettre adressée à Calvin le 15 juillet 1547 en témoigne ; des fidèles y donnent des nouvelles de Nîmes et de l’Ecclesia Uticensis leur voisine. Calvin ne répond pas directement mais, vu les persécutions qui sévissent dans le royaume, précise dans sa circulaire aux Fidèles de France, qu’ils doivent se contenter de réunions de prières et de lectures bibliques.
« Nous ne sommes nullement d’avis que vous commenciez par ce bout, et même que vous soyez hâtés d’avoir la Sainte Cène, jusqu’à ce que vous n’ayez un ordre établi entre vous. Et, de fait, il vous faut beaucoup mieux de vous en abstenir, afin que vous soyez induits par cela à chercher les moyens qui vous en rendent capables ».
S’ils veulent vivre leur foi en Église, qu’ils rejoignent une Église déjà constituée, à Genève par exemple ! Les Nîmois ont sagement obéi. Certains sont partis à Genève d’où ils exhortaient les « frères » restés sur place, à attendre des circonstances plus favorables. L’élan étant donné, 8000 Nîmois – la moitié de la population – avaient choisi la Réforme en 1557.

À suivre !

 

 

 

 

 

POUR MEMOIRE

GRAND TEMPLE : ancienne église dominicaine édifiée entre 1714 et 1736, dans le style baroque,elle est mis en vente comme Bien National au début de la Révolution.  Loué par le Consistoire pour le culte réformé en 1791, le Grand Temple est consacré par Paul Rabaut le 26 mai 1792.  Mis définitivement à disposition du Consistoire  par le Consulat en 1802, il est appelé ainsi en souvenir de l’ancien temple de la Calade détruit  après la révocation de l’Edit de Nantes de 1685. Les orgues sont installées en 1821 et les Tables de la Loi en 1822.

PETIT TEMPLE : la chapelle du couvent des Ursulines fut réédifiée de 1714 à 1718. Elle fut également achetée par Alexandre Vincens-Valz qui la loua au Consistoire.Le premier cultr y fut célébré le 13 aout 1795. Devenue le second temple de Nîmes, appelé « Petit Temple », en souvenir de celui démoli en 1664 situé à côté du Collège des Arts. Le Petit temple fut donné par la veuve de François Valz au consistoire en 1831. Les Tables de la Loi sont scellées en 1837. L’orgue actuel est monté en 1890. il est classé au Monuments Historiques.

TEMPLE DE L’ORATOIRE : le Temple fut élevé en 1857 sur l’emplacement d’un ancien marché aux boeufs, pour répondre à l’augmentation de la population protestante ouvrière du textile  du Faubourg St Antoine.. Suit à des défauts de toiture, l’architecte de la ville Alphonse Granon le reconstruisit avec une charpente métallique qui fait son originalité. Il fut rendu au culte dès 1876.