Devenir un prochain

De Jérusalem à Jéricho, le chemin est escarpé, hasardeux, mal fréquenté….des bandits attaquent un malheureux voyageur, le dépouillent et le laissent ensanglanté sur le bord du fossé… Un prêtre, puis un lévite passent et se détournent du blessé. Mais un samaritain, un étranger, un mal-aimé passe à son tour, s’approche de lui, le sauve, le remet en vie et en route. Vous l’avez deviné : c’est la parabole du Samaritain (Luc 10, 25-37). Une étrange tradition le qualifie de « bon », se croyant obligée de sauver la face d’un homme qui appartiendrait aux « mauvais » ! Une bien mauvaise idée au regard de  l’esprit de Jésus qui ne fait jamais de morale.

Il fallait bien tout un « samedi caté » au Mas des Abeilles (2/02/2019) pour (re)découvrir et approfondir la question passionnante du « prochain », celui qu’il faut « aimer comme soi-même » comme le récite un spécialiste de la loi, s’approchant de Jésus pour le piéger, et qui lui demande « ce qu’il faut faire » pour « obtenir » la vie éternelle.

Dans cette parabole : pas de recette toute faite pour entrer dans la Vie, sinon  l’invitation à aimer sans compter, comme le fait le Samaritain. A aimer pour redonner vie à cet inconnu, spontanément, complètement et sans rien demander en retour. Éprouver et agir avec générosité, donner le meilleur de nous-mêmes à cet « autre », à cet « humain » que nous côtoyons chaque jour, que nous n’avons pas choisi mais dont nous nous « approchons »…

Foto: Silje Løvdal

Sur les pétales de fleurs de papier colorés, les enfants ont inscrits  les noms de ceux qui, dans leur vie, les avaient aidés, et de ceux qu’ils avaient aidés. Et nous, qu’allons-nous écrire  sur ces pétales ?

 

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