Sans contact ?

Cette réflexion date du 26 mai mais il semblerait qu’elle soit  toujours d’actualité….

Par ces temps difficiles moralement, je pense à l’après crise. Comment allons- nous nous comporter après cet événement ? Je vois partout que les commerces, alimentaires ou pas, font du drive, c’est -à- dire que les gens passent commande sur internet et vont retirer leurs produits sur place.
Il y a seulement dix ans je pensais impossible de vivre sans sortir de chez soi. Les personnes qui travaillaient à distance étaient très rares. Mais aujourd’hui je m’aperçois que c’est de plus en plus fréquent. Au lendemain de cet épisode pandémique, allons-nous devenir des humains sans contact  “comme nos cartes de crédits “ ? Allons -nous nous recroqueviller sur nous- mêmes, nous couper du monde extérieur ? Allons -nous regarder le monde à travers nos écrans, nos carreaux,  sans sortir ?

Je ne veux pas imaginer une civilisation recluse chez elle qui ne communique que par clavier interposé. Cela augmenterait la peur, la crainte de l’autre et du monde qui nous entoure. Je suis pris entre deux sentiments, celui de dire  : “j’aime une personne, je la serre dans mes bras, je l’embrasse, ou bien : je lui serre la main en signe de respect,”  et puis :  » je l’aime, donc je veux la protéger d’un mal que je pourrais lui donner, alors je m’éloigne.

On change tous nos repères : avant, l’amour égalait rapprochement et maintenant c’est l’inverse, si l’on aime il faut garder la distance. Cette “distanciation sociale” commence à entrer dans nos têtes. Rappelez-vous : avant cette crise, personne ne réfléchissait à comment éviter le contact avec les autres.

 

Alors que maintenant, nous sommes conditionnés pour esquiver l’autre. Maintenant que nous sommes dé-confinés, je me rends compte de ce que nous avons perdu.

Plus de poignées de mains fermes et vigoureuses. Plus d’accolades et d’embrassades. Toutes ces marques d’affection qui étaient pour nous naturelles se sont envolées. Il ne nous reste que le « sans contact ».

Mais déjà, la nature humaine reprend le dessus avec sa facilité d’adaptation et d’ingéniosité. J’ai lu que des familles avaient bricolé une combinaison étanche pour que leurs enfants puissent faire des câlins à leurs grands- parents.

Pour se réunir à Châlons-en-Champagne, des croyants ont organisé un « DRIVE IN » pour la messe du dimanche, et les participants étaient invités à ne pas quitter leurs voitures.  Nous n’avons pas fini de nous surprendre, de nous étonner et booster notre créativité pour vivre avec ces nouvelles règles du jeux.

Lionel Gaye, le 26 mai 2020