Pâques…Pas que les cloches, pas que les oeufs, pas que les lapins en chocolat. Pas que les longs week-ends. Pas que le printemps. Pâques, c’est aussi et d’abord la plus grande fête chrétienne pour plus de 2 milliards de chrétiens dans le monde. Pâques, c’est la fête de la RESURRECTION. Encore un de ces ‘’gros mots’’ de la foi. Un mot qu’on entend à Pâques… mais pas que. Que signifie t-il ? Il vient d’un mot grec qui veut dire : se lever ou être relevé, réveillé, remis debout.
Dans les récits bibliques la résurrection est un espace blanc. Aucun reportage ni documentaire. Personne n’a jamais vu Jésus ‘en train de ressusciter’. Pas de caméra cachée, pas de témoin. L’essentiel est invisible pour nos yeux. Tant mieux. Je vous invite à entendre le récit tel que l’Evangile de Marc nous le rapporte (chap 16, 1-8) :
Ce dimanche -là, très tôt le matin, aux premières lueurs du jour, trois femmes -amies de Jésus- se mettent en route vers le tombeau afin d’embaumer le corps de Jésus avec des huiles parfumées : dernier geste d’amour à l’égard de celui qu’elles ont aimé et qui a bouleversé leur vie. Et dont la mort terrible les a plongées dans un chagrin indescriptible.
Mais voici qu’en chemin, une question matérielle surgit : qui nous roulera la pierre ?
A l’époque de Jésus, les tombeaux étaient généralement taillés dans la roche et une pierre très lourde en fermait l’entrée. Qui nous roulera la pierre… ?
Les femmes n’y avaient pas pensé ! Mais il n’y a peut-être pas de place pour ces considérations pratiques quand on est dans le chagrin. Elles se posent quand même la question et continuent leur marche sans avoir de réponse. Elles semblent loin de penser que quelque chose a déjà commencé.
Qui nous roulera la pierre ?
C’est de cette pierre qui nous a occupés toute l’après-midi que j’aimerais vous parler ce soir. Nous l’avons entendu dans le récit biblique : elle a été placée devant le tombeau comme une fermeture définitive. Elle désigne ce qui empêche la vie de passer ; l’obstruction; l’impasse ; le »sans issue ».
Avec les enfants, on s’est demandé : qu’est ce qui dans l’actualité de notre monde et dans nos existences personnelles empêchait la vie d’être belle.
En effet, combien sont-ils, confrontés à des pierres impossibles à rouler ? Qui roulera les barbelés pour ceux qui fuient la misère, la guerre et la mort ? Qui roulera la tristesse de ceux qui ont perdu un proche ? Qui roulera la pierre de la solitude ? Qui percera le béton de nos pessimismes ? Qui ôtera le poids de la terreur de ceux qui fuient les bombardements ?
Oui, cette pierre à l’entrée du tombeau de Jésus représente toutes ces barrières qui nous empêchent d’aller de l’avant, d’espérer,d’aimer, de faire confiance, de nous sentir en sécurité, qui nous enferment dans le passé ( »c’était mieux avant »), et nous empêchent de nous projeter dans l’avenir..
Qui nous roulera la pierre ?

Mais l’histoire n’est pas finie ! Arrivées au tombeau, les trois amies découvrent que la pierre a été roulée. Quelles sont leurs premières réactions : des cris de joie ? des cantiques et des ‘alleluia’? Non. Stupeur. Sidération. Vertige et crainte.
Les femmes étaient parties pour enterrer leur espérance et conclure que tout est fini, et voilà que quelqu’un leur adresse la parole : celui que vous cherchez n’est pas ici, il vous précède en Galilée. Autrement dit : Le tombeau est vide. Ce qui signifie : ‘circulez, y’a rien à voir’. Ou encore : faites demi-tour, tournez le dos au cimetière, Il est vivant, mettez -vous en route,à la recherche de Celui qui vous attend.
Le tombeau vide c’est un pied de nez à la fatalité. Le dimanche de Pâques nous invite à désobéir à la mort. Cela signifie t-il que Pâques supprime les larmes, les épreuves et les injustices ? Non, mais un détail du récit mérite notre attention : la pierre qui fermait le tombeau n’a pas disparu mais elle a été écartée, dé-placée , et libère ainsi le passage. Pour nous dire qu’à Pâques, Quelqu’un a roulé la pierre pour laisser passer la Vie. Le message de Pâques n’est pas que le Dieu de Jésus-Christ efface la souffrance mais qu’il la traverse avec nous.
Alors, quand nous lui demandons de nous épargner les épreuves, il vient nous murmurer à l’oreille : »donne -moi ta main, et je te conduirai à travers l’obscurité ». Amen
Titia Es-Sbanti

Prédication pour le culte des familles-avril 2026
temple du Mas des abeilles.
Retrouvez la séance catéchétique :
https://nimes-eglise-protestante-unie.fr/rouler-la-pierre/