Debout avec Daniel

Il a osé dire non, il est tout jeune, il s’appelle Daniel. Il vivait dans un pays appelé Juda. Un jour, sa vie va basculer : car le puissant voisin – la BABYLONiE – décide de s’emparer son pays. L’invasion est brutale : l’armée du roi Nabuchodonosor pille le Temple de Jérusalem, détruit tout sur son passage, capture les habitants et les envoie en déportation à Babylone.
Le jeune Daniel est arraché à sa famille et emmené prisonnier à 1000 km de chez lui. Là-bas, le roi de Babylone -tout plein de sa puissance et son arrogance– se lance dans un recrutement : parmi les juifs déportés qui sont désormais entre ses mains, il choisit les plus jeunes et issus de bonnes familles -en vue de le servir à la cour. Trois garçons sont sélectionnés en même temps que Daniel : Hanania, Mishaël et Azaria. Les critères du roi sont les suivants : ces jeunes ne doivent présenter (je cite)  »aucun défaut physique ;  ils doivent être intelligents, beaux, forts, instruits et en excellente santé ».

Nabuchodonosor n’est pas seulement un despote; c’est aussi un fin stratège : il a recours au soft power et sélectionne des jeunes gens issus de familles nobles pour en faire des agents d’influence pro-babyloniens. Et pour mieux les formater, il va décider ce qu’ils doivent manger et boire, ce qu’ils doivent penser et croire. Ensuite il les envoie en formation pendant trois ans dans les meilleures écoles. C’est du Bac + 3, en internat et pension complète. Et les voilà intégrés à l’école polytechnique de Babylone avec la crème de la crème !
Pour finir : le roi décide de changer les prénoms des trois jeunes gens (éducation ou ré-éducation ?) comme pour effacer leur passé, leur identité juive et leur attachement au Dieu unique.
Question : Daniel et ses amis ne sont-ils pas un peu dans une prison dorée ? Après tout, ils ne sont pas maltraités…à condition d’obéir au roi. Mais ce n’est pas si simple car Nabuchodonosor est imprévisible et violent : il terrorise régulièrement son entourage. La moindre contrariété  le met dans une colère noire. Cela étant -globalement -Daniel et ses amis ne s’en sortent pas trop mal …à condition d’obéir à Nabuchodonosor . Autrement dit : du moment qu’ils renoncent à leur liberté de conscience, tout va bien.

Liberté de conscience : Kézako ? C’est ce petit espace intérieur qui n’appartient qu’à nous -mêmes et que personne ne peut nous prendre. Certes, on peut faire pression sur nous, on peut nous contraindre par la violence mais aucun pouvoir, aucun dictateur, aucun chef ne peut entrer dans notre tête, ni nous interdire de penser et de croire ce qu’il y a dans notre cœur. La liberté de conscience, c’est ce qui nous reste quand on nous a tout pris tout le reste.

Avec la figure biblique de Danielles enfants ont découvert différentes manières de dire non. Ainsi, quand le roi impose à Daniel et ses amis de manger les mêmes aliments que lui, les trois jeunes arrivent astucieusement à contourner l’obligation en choisissant …le régime végétarien (chapitre 1).
Au chapitre 3,  la résistance se traduit par le fait de rester debout :

https://lire.la-bible.net/bible/NFC/DAN.3

Dans ce passage, le roi Nabuchodonosor fait construire une immense statue d’or à son image, et ordonne à tout le peuple de se mettre à genoux devant elle et de l’adorer – sous peine de mort- Or, les trois amis de Daniel refusent et restent debout, droits comme des piquets. 

Ils sont nombreux à travers l’histoire, ceux qui ont suivi leur exemple ! Les enfants en ont rencontré quelques-uns aujourd’hui. : Martin Luther, Marie Durand, Martin Luther King… Mais bien plus nombreux sont ceux qui ont résisté avec courage et sont restés méconnus, anonymes, relégués dans l’ombre.
Les protestants que nous sommes  aimons bien nous référer à nos ancêtres huguenots et des camisards cévenols : n’oublions pas de penser aux 380 millions de chrétiens persécutés dans monde aujourd’hui. 

Et nous  en 2026 ? Saurons-nous  être sel de la terre et lumière du monde  comme Jésus nous le demande ? Comme disait un sage : essayons d’abord d’être fidèles dans des petites choses, pour espérer l’être un jour dans les grandes.

Amen

 

Titia Es-Sbanti

 

Prédication pour le culte catéchétique,
temple du Mas des abeilles, Samedi 17/01/2026.
Thème : P comme Protester 

Retrouvez la séance de catéchisme :
https://nimes-eglise-protestante-unie.fr/p-comme-protester/