Jésus disait encore : A quoi comparerons-nous le règne de Dieu ? Par quelle parabole le représenterons-nous ? C’est comme une graine de moutarde qui, lorsqu’on la sème en terre, est la plus petite de toutes les semences de la terre ; mais une fois semée, elle monte, devient plus grande que toutes les plantes potagères et donne de grandes branches, de sorte que les oiseaux du ciel peuvent habiter sous son ombre. (Marc 4,30-32)

Gros comme un grain de moutarde
C’est la plus petite de toutes les paraboles de Jésus. Elle est à l’image de la chronologie du baptême : à sa naissance, l’enfant est un tout petit, haut comme trois pommes, ou plutôt : trois grains. Son berceau est la terre et il va grandir grâce au soleil et à une pluie d’amour qu’il recevra au cours de son enfance. La terre va l’enraciner et le ciel va l’élever.
C’est de notre responsabilité de semer le grain de l’Evangile dans la vie de nos enfants…Non pas pour l’imposer mais pour le déposer. C’est la mission non seulement des parents, parrain et marraine mais de l’Eglise tout entière. Bref : toute une aventure. Et si vous avez peur de vous planter, pensez au vieux cantique protestant : Confie à Dieu ta route.
A l’époque de Jésus, le grain de moutarde était la plus petite des semences connues.
Que se passe t-il dans le coeur d’un tout petit enfant au cours de sa vie, après son baptême, quand on le conduit à l’école biblique, puis au catéchisme ? Comment va t-il recevoir la bonne nouvelle de Jésus-Christ ? Et bien, on n’en sait rien ! Le grain va même disparaitre au fond de la terre pendant un certain temps…
Si la parabole de Jésus insiste sur le grain minuscule c’est comme pour souligner l’importance de ce qui nous échappe dans la croissance où règne l’inconnu, l’inattendu et les questions . Quel sera l’accueil que nos enfants, en grandissant, réserveront à Dieu, à la foi, à l’Eglise : ouverture ? attachement ? résistance ? opposition ? engagement ? indifférence ? On n’a pas à le savoir. C’est le travail sous-terrain de Dieu. Croissance discrète, voire secrète du petit grain de moutarde… Et il ne faut pas passer trop vite à la suite car il y a un temps de maturation : ainsi, on n’est pas une graine «à un moment donné » et puis hop ! un arbre à l’instant suivant. On grandit petit à petit. Et si Jésus précise cela, c’est pour nous éviter deux illusions. La première, c’est de croire que tout pourrait arriver tout de suite. La 2ème, c’est de croire qu’avec l’aide de Dieu, tout peut changer en une seconde. Non, même avec Dieu, il faut du temps.
L’un de nos problèmes , c’est que nous allons trop vite, désireux de regarder au résultat. La tentation de l’Eglise est d’essayer de tirer sur les jeunes tiges pour les faire pousser plus vite. L’Eglise aurait-elle peur que Dieu ne fasse pas son travail ? En vérité il lui faut réapprendre la patience, et faire confiance dans le travail de Dieu. Il y a d’abord une vie cachée avec le Seigneur dont nous ne connaissons pas la durée, un vrai travail dans l’ombre, pourrait-on dire.
Cette discrétion de Dieu peut nous dérouter : nous ne comprenons pas comment ça se passe ! Acceptons de ne rien y comprendre. Car au fond, nous le savons : nous ne serons jamais qu’un grain de moutarde.
D’ailleurs, à la fin de sa parabole, Jésus calme bien le jeu de nos états d’âme, car il dit – non sans humour -que le grain de moutarde deviendra la plus grande de toutes les plantes potagères. Autrement dit : il sera le premier.. de tous les légumes ! Voilà un résultat à hauteur humaine.
Titia Es-Sbanti

Nous avons besoin de gratuité
1.Vous tous qui avez soif, voici de l’eau, venez ! Même si vous n’avez pas d’argent, venez ! Achetez à manger, c’est gratuit. Venez, achetez du vin et du lait sans argent. 2.Pourquoi dépenser de l’argent pour quelque chose qui ne nourrit pas ? Pourquoi vous fatiguer pour quelque chose qui ne rassasie pas ? Écoutez–moi bien, alors vous aurez de bonnes choses à manger, vous goûterez des choses délicieuses. 3.Tendez l’oreille et venez vers moi. Écoutez, et vous vivrez. » (Esaïe 55, 1-3)
Merci Titia pour tes paroles qui nous disent combien la petite graine a besoin de temps pour grandir mais aussi qu’il y a tout un travail sous terrain de la part de Dieu sur lequel nous n’avons pas de prise et c’est bien ainsi. « Il faut faire confiance dans le travail de Dieu ».
Dans la Bible, il est souvent question de gratuité pour évoquer la présence et le travail de Dieu dans le cœur de l’homme. Nous venons d’entendre en Esaïe 55 une invitation lancée par Dieu lui-même: « Venez vous tous qui avez soif, voici de l’eau, venez ! Même si vous n’avez pas d’argent, venez ! Achetez à manger, c’est gratuit.….»
Les enfants savent très bien pratiquer la gratuité. Ils ont toujours en stock des paroles totalement gratuites, données pour rien si ce n’est juste pour dire la vérité de ce qu’ils perçoivent ou ressentent. Des paroles gratuites, c’est-à-dire sans calcul, sans arrière-pensée, spontanées. Des paroles reçues que l’on attendait pas, qui font irruption dans notre quotidien et qui au final, nous font tellement de bien parce qu’elles tranchent avec notre vie très organisée et très programmée. Les enfants vivent dans la gratuité de l’instant présent, dans l’authenticité. Et ça nous fait tellement de bien, une parole, un geste qui n’est ni prévu ni calculé, qui n’est pas en lien avec ce que nous avons pu faire ou dire, une parole qui ne dépend pas de nous.
Les enfants sont pour nous comme une bouffée d’oxygène, un souffle de vie et de fraicheur, ils nous aident à nous extraire de nos soucis et surtout de nos anticipations permanentes. Nous qui évoluons sans cesse dans nos têtes entre passé et avenir, les enfants nous ramènent à l’instant présent, vécu sans intention particulière,si ce n’est celle de le vivre pleinement, gratuitement, et puis, sans devoir faire nos preuves ou donner notre CV. Ils sont heureux simplement de notre présence. Ils nous aiment tel que nous sommes, ils ne voient pas nos imperfections, nos manquements, ils nous ouvrent leur bras pour un câlin, nous sommes tout pour eux. La présence, l’attention, c’est tout ce qui compte pour eux. Parce qu’ils savent que ce sont les marques du véritable amour, d’être présent pour l’autre.
Comme l’eau, comme l’air, nous avons besoin pour vivre de paroles et de moments donnés gratuitement dans notre vie, sans aucun mérite de notre part. Toute la foi protestante repose sur cette vérité pour nous : nous n’avons pas à mériter l’amour de Dieu. L’amour de Dieu pour nous, sa présence dans notre existence, ne se compte pas, ne se monnaye pas et nous n’avons pas à faire nos preuves pour l’obtenir.
L’amour de Dieu, sa parole, sa présence, sa confiance aussi, tout ceci nous est offert sans contrepartie, c’est gratuit. Lorsque nous tournons sincèrement notre cœur vers le Seigneur. La Bible nous parle d’un Dieu qui offre sans compter et sans calcul.A l’enfant qui balbutie sa vie comme à celui ou celle qui a déjà vécu beaucoup de choses. Mais plus que ça encore, nous croyons que la vie ne peut vraiment commencer qu’avec la gratuité de vivre. Toute vie ne commence véritablement qu’avec cette phrase que l’on proclame au baptême : « il est bon que tu sois là ».
Cette parole de grâce, gratuite, donnée pour l’autre, pour ces enfants, pour leurs vies, pour qu’ils ressentent qu’à chaque instant, quel que soit leur parcours et leurs choix, Dieu leur renouvellera toujours sa confiance et qu’ils pourront s’appuyer sur cette confiance pour renouveler leur vie. Au baptême, c’est cette confiance de vivre, donnée gratuitement, que nous marquons, que nous proclamons, que nous célébrons. Les petites graines ont besoin de grâce.
Sophie FANTONI
Culte de rentrée 27/09/2026
Eglise Protestante Unie de Nîmes
Baptêmes d’Anatole Léauthier-Silhol
et de Léandre Fontaine
