L’école Marie Durand

C’est  un des signes du protestantisme dans les rues de Nîmes. Jolie devanture de porte ornementée qui donne sur l’avenue Jean Jaurès. Anciennement presbytère du pasteur, celui-ci avait décidé au 19eme siècle d’accueillir des élèves pour créer une école dans ses appartements. L’école a perduré, quel bel héritage !  L’éducation, une valeur chère au protestantisme, qui va avec la culture de la parole et celle du dialogue. Acquérir des connaissances, savoir les exposer mais aussi les questionner, développer son esprit critique pour mieux construire sa propre pensée tout en conservant une grande ouverture sur la pensée des autres et sur la diversité des cultures de ce monde, voilà une esquisse de l’esprit « protestant ».

« Est-ce qu’on apprend à penser comme on apprend à croire ? Croire, c’est ce qu’il y a de plus facile. Et penser, c’est ce qu’il y a de plus difficile au monde » écrivait Ferdinand Buisson, ardent défenseur de l’école laïque et de l’émancipation intellectuelle des individus.

Aujourd’hui, l’école Marie Durand est une école privée sous contrat avec l’Etat et tient une excellente réputation en matière d’enseignement.

Longtemps, le repas du dimanche de la kermesse s’est tenu dans ses locaux ainsi que la fête de Noël des enfants du catéchisme. Aujourd’hui, il y a sans doute beaucoup de parents qui ne connaissent pas la figure de Marie Durand. Il y a une occasion ici pour notre église, via ses pasteurs et ses paroissiens, de réintroduire du sens et du lien avec cette école.

Pour transmettre aux générations futures l’envie et le goût d’apprendre à penser, surtout en matière religieuse afin d’éviter les idéologies fanatiques ou le mépris.
Il y a depuis peu la reprise d’un atelier «  éveil à la culture religieuse » proposé aux enfants entre midi et deux, une fois par mois. On y discute solidarité, amitié, différence, peur, confiance, le tout en lien avec des histoires bibliques ou des figures croyantes engagées et puis quelques jeux.
Il est bon de réinvestir notre culture protestante de la discussion et de l’ouverture, dès le plus jeune âge.

 

Sophie Fantoni