Après son éclipse estivale, l’Œil est revenu, alors que le temps se fait moins chaud et qu’il commence à pleuvoir.
La palanquée de petits-enfants que j’ai eu la chance de recevoir cet été m’a convaincu que l’on pouvait mettre entre leurs mains l’avenir et que ma génération pouvait envisager de lâcher prise.
Certes, un bon quart du vocabulaire des jeunes nous est incompréhensible et ils ne discernent pas toutes les expressions et finesses de notre langue, apprise de Molière. Mais leur lucidité et leur volonté sont là, et dans notre lexique commun, une expression, une exhortation, nous est de plus en plus insupportable, à eux comme à nous : « Il faut ».
« Il faut » que nous employons trop, y compris sans doute dans l’Œil, comme si l’exhortation pouvait remplacer l’action, comme si « Il faut » avait plus d’importance que « faire ». Pour sortir de notre bourbier environnemental, climatique, social, sociétal et sécuritaire, que ne faisons-nous pas ?
Nos jeunes ne voteront pas pour monsieur Mélenchon ni pour madame Le Pen et nous demandent, comme une dernière prière, pour ne pas fermer les cinq ans qui viennent, d’être raisonnables en faisant émerger très vite un seul candidat ou une seule candidate à l’élection présidentielle, quelqu’un qui portera un inévitable compromis entre les modérés de gauche, du centre et de droite, pour éviter les extrêmes.
Nous le leur devons, nous qui finalement n’avons pas su leur laisser un monde bien meilleur que celui dont nous avons hérité après la guerre, quand tout nous paraissait possible. La guerre, justement : même si elle devait nous empêcher de voter l’an prochain, il faudrait « faire » quand même, et vite.
Bons jours, je vous dis. Bons jours, je vous prie.
Alain PENCHINAT
membre de l’Eglise protestante unie de Nîmes
Billet paru dans le journal protestant Réforme du 1er septembre 2026